Projet professionnel

Comment définir son projet professionnel ?

Vous êtes en plein questionnement sur votre projet professionnel et ne savez pas par quel bout commencer ?

Alors suivez le guide et découvrez les étapes clés pour définir et mettre en œuvre votre projet.

Pour bien travailler son projet professionnel, il est bon de s’accorder le temps de l’introspection, de la réflexion, de la revisite de son parcours, de ses satisfactions et de ses frustrations, et cheminer vers une bonne compréhension de soi.

Pourquoi est-ce important d’en passer par là ? Parce qu’un choix d’orientation va répondre à un ensemble de besoins qu’il est nécessaire d’identifier, et qui, en outre, ne sont pas toujours conscients. Afin de limiter les risques de déception, il est utile de prendre conscience au maximum de ses besoins, ses motivations, et des éventuels parasitages, venant de son histoire personnelle et professionnelle, qui peuvent impacter nos décisions et nos actions.

Les principaux points sur lesquels prendre le temps de travailler dans cette phase :

1- Comprendre son désir de changement

Qu’est-ce que vous amène, là, maintenant, à vous questionner sur votre avenir professionnel ? Qu’est-ce qui ne convient plus dans votre situation actuelle ? Si vous pouviez changer des éléments de votre situation actuelle, quels seraient-ils ? Qu’est ce qui est devenu inconfortable ? Qu’aimeriez-vous idéalement à la place ?

Il est important de faire le point sur ce qui motive votre questionnement, ce qui ne vous convient plus, et ce qui a priori vous manque dans votre situation actuelle pour être satisfait(e). A l’origine d’un changement on trouve toujours un manque, des besoins non assouvis, voire des douleurs à transformer.

2 – Se réapproprier son parcours

Reprendre le déroulé de son parcours professionnel, les raisons pour lesquelles on s’est orienté dans telle ou telle voie, pourquoi on a changé de poste, et faire le point sur ce qui nous a rendu fier ou au contraire ce qui nous a laissé un goût amer, sont autant d’éléments du parcours à reprendre.

Quel intérêt ? Il est à la fois utile de ré-objectiver son parcours, comprendre ce qui nous a guidé dans nos choix et ce qui a pu parfois nous orienter sur de mauvais choix, identifier les éventuels schémas répétitifs… Refaire le film de son parcours permet parfois aussi d’identifier des vocations contrariées, des choix contraints… Enfin, cela permet souvent de se reconnecter avec la dynamique d’ensemble de notre parcours, et de se rendre compte que tout cela a globalement du sens, même quand on est dans une période de doute. Cela permet aussi de repérer ce qui nous a rendu fier ou satisfait, puis de comprendre les raisons de cette satisfaction.

A l’issue de ce travail de reprise de votre parcours, vous arriverez à mieux vous dire « et maintenant, j’en suis là, voilà ce avec quoi je me suis construit professionnellement, voilà ce que j’ai envie d’emmener avec moi pour la suite et ce que je veux maintenant laisser derrière moi ». Vous aurez déjà repérer également des sources de motivation et d’éventuels centres d’intérêts. Vous aurez peut-être repérer aussi des types de situation qui ne vous conviennent pas et les raisons pour lesquelles cela ne vous convient pas.

3 – Faire le point sur sa personnalité et sur qui on a envie de devenir

Se connaître, savoir qui l’on est, ça peut parfois être le travail d’une vie ! D’autant que nous évoluons et que la vie nous amène souvent à évoluer vers d’autres versions de nous-mêmes.

Mais nous savons malgré tout quels sont nos principaux traits de caractère, notre tempérament. N’hésitez pas à prendre le temps de vous questionner sur les termes qui vous définissent.

Quand vous bénéficiez d’un accompagnement, vous pouvez bénéficier de différentes approches pour vous aider à nommer ce qui vous caractérise ou pour partir à la (re)découverte de vous-même. Souvent vous pouvez passer des tests de personnalité, ou bénéficiez de questionnements et d’exercices vous permettant de poser des mots sur qui vous êtes. Dans les deux cas, ce qui compte, c’est de pouvoir comprendre et verbaliser qui vous pensez être, sur le plan de la personnalité.

Qu’est ce qui vous caractérise le plus ? Quels sont les traits de caractère que vous aimez le plus chez vous, dont vous êtes fiers, ou dont vous vous amusez ? Quels sont ceux qui vous gênent, vous encombrent ? Y en a-t-il que vous aimeriez voir évoluer ?

Y a-t-il également des comportements qui vous sont naturels ? Savoir aller vers les autres ? Mettre en confiance ? Organiser ? Imaginer ?

Ces questions sont là pour vous aider à prendre conscience de qui vous êtes, afin que vos choix d’orientation s’accordent le mieux avec vos aptitudes les plus naturelles, mais aussi qu’ils puissent éventuellement s’aligner avec un souhait d’évolution plus personnelle.

4 – Identifier ses motivations et ses centres d’intérêts

Les motivations : ce qui nous donne envie de nous mettre en marche, de nous lever le matin, et qui donne sens aux actions que nous menons.

Les centres d’intérêts (personnels et professionnels) : ce que nous aimons faire en terme d’activité (lire, analyser, dessiner, enseigner…), ce qui nous intéresse comme domaine (la danse, l’environnement, le service public, le jardin…), pratiques ou métiers.

Ces définitions une fois posées, vous pouvez les aborder ainsi :

  • Les motivations : deux catégories de question permettent de les aborder. D’une part, demandez-vous « à quoi ai-je envie de Servir / à quoi ai-je envie que mes actions Servent » : je mets un grand S pour souligner que nous ne sommes pas ici dans une notion de servitude, mais dans une notion de contribution à quelque chose. Exemple : « je veux contribuer à l’amélioration des habitations », « je veux accompagner des personnes dans leur bien-être », etc. D’autre part, vous devez aussi vous demander : « qu’est-ce que mon activité doit m’apporter? « . Exemple : votre activité peut vous apporter de l’argent, du challenge, le sentiment d’appartenir à une équipe, de l’indépendance, etc.
  • Les intérêts personnels et professionnels : n’hésitez pas à faire des listes, ou à vous noter n’importe comment tous les mots qui vous viennent à l’esprit sur ce qui vous intéresse. De nombreuses activités ou tests peuvent aussi vous être proposés dans un accompagnement, ou vous en trouverez également sur internet.

5 – Analyser ses compétences

A ce stade il n’est pas toujours utile de faire le point sur ses compétences avant d’avoir établi vers quoi on a envie d’aller, cela va vraiment dépendre de votre besoin. Pour certains, cela va contribuer à se rassurer ou à se réapproprier son parcours. Pour d’autres, le besoin essentiel est plutôt dégager de nouvelles perspectives et le travail sur les compétences peut venir ultérieurement dans le travail sur le projet.

Pour ma part, ma pratique d’accompagnement a évolué au fil des années sur ce sujet. J’ai tendance à proposer l’analyse des compétences dans le cadre de la connaissance de soi, mais pour certains, comme je l’évoquais plus haut, cela ne prend pas sens car ils ont avant tout besoin de projeter des possibilités d’évolution et ils travailleront sur leurs compétences surtout pour identifier celles qui sont requises pour leur projet.

Pour faire le point sur ses compétences, la méthode est de reprendre ses différents postes occupés et de vous poser deux questions à chaque fois : « qu »ai-je mobilisé comme compétences pour réaliser mes missions dans ce poste ? » et « qu’est-ce que j’ai appris quand j’occupais ce poste ? ».

Dans les compétences, il est utile d’identifier ce qui est propre à votre secteur d’activité (exemple : réparer un évier, proposer des activités éducatives…) et ce qui est plus transversal (piloter un projet, conduire une réunion, renseigner et orienter…).

6 – Faire la synthèse des points 1 à 5

Au fil du travail effectué sur ses premières étapes, certaines récurrences voire certaines évidences vont émerger, et vont vous permettre de fixer : à quoi vous avez envie de vous consacrer (au sens large, sans forcément avoir à ce stade d’idées précises de secteurs ou métiers), ce qui compte pour vous, quels sont vos besoins par rapport à votre travail, qu’est-ce que vous en attendez.

Dans une réflexion sur le projet professionnel, certains vivent bien sûr des sortes de révélations. Mais ce n’est pas le plus fréquent, bien au contraire ! Souvent, il faut prendre le temps de cheminer pour identifier des idées d’évolution, les creuser, et finir par aboutir à un projet viable.

Et ne vous y trompez pas ! Ce n’est pas parce que vous avez une idée que le travail est fini. Au contraire, cette deuxième phase a pour objectif de transformer des vagues idées en vrai projet, et pour cela, il va falloir chercher de l’information, se confronter au réel, et prendre des décisions…

1 – Faire émerger des idées de postes, de métiers ou secteurs d’activités

Une fois que l’on a fait le point sur soi, ses envies, ce que l’on emmène dans sa valise pour la suite, reste à définir où l’on va…

Parfois, à l’issue de la première phase et de sa synthèse, vous aurez déjà identifié des fonctions ou domaines qui vous intéressent et vous allez pouvoir les investiguer (voir le point suivant).

D’autres fois, il est possible qu’il n’y ait pas encore d’idées de secteurs ou de métiers qui s’associent spontanément à vos aspirations et à vos besoins. Dans ce cas, vous allez pouvoir chercher des idées dans des outils comme des répertoires des métiers.

Pour ceux qui n’ont aucune idée, j’aime beaucoup le site du CIDJ https://www.cidj.com/orientation-metiers , et son entrée « Métiers par centre d’intérêts », qui permet de faire émerger des idées sans se soucier du secteur dans lequel on a envie de travailler.

Si vous avez passé des tests dans le cadre d’un accompagnement, certains de ces outils peuvent vous suggérer des listes de métiers qui peuvent vous donner des idées de jobs à creuser.

Dans mes accompagnements, à ce stade, les personnes ont en général plusieurs idées à creuser, qui peuvent concerner des secteurs très variés ou comporter des notions parfois floues.

2 – Creuser ses idées et les confronter au réel

Comment allez-vous pouvoir passer de l’idée au projet ?

Tout simplement de la même manière que vous préparez un voyage ou un achat important. Depuis vos premières idées et envies, mêmes très vagues, vous allez chercher de l’information pour clarifier, comprendre, et progressivement faire des choix éclairés.

Parfois, quelques recherches suffisent pour se rendre compte qu’un métier ne correspond pas à l’idée que l’on s’en faisait, ou pour identifier beaucoup de contraintes dont on ne veut pas, ou encore que les voies d’accès sont très compliquées.

D’autres fois on est au contraire vite conforté sur son idée. Ou sinon on peut percevoir qu’on revient toujours sur une idée et qu’on n’a pas trop envie de regarder ailleurs.

Enfin, il y a les fois où, en se renseignant sur un métier, on en découvre un autre, ou une autre manière de l’exercer, ce qui ouvre alors un autre champ des possibles… Dans cette phase d’exploration des métiers et de recherche d’informations, des portes vont se fermer mais d’autres s’ouvrir. Il ne faut pas faire cette phase trop vite, et il est important d’être dans un esprit d’ouverture.

Pour les métiers, les premières sources d’informations sont souvent :

  • des répertoires des métiers
  • des offres d’emplois : consulter des annonces rend plus concret ses pistes
  • des sites d’associations professionnelles

A l’issue de vos recherches, et pour les métiers qui vous intéressent, vous devriez être capable de répondre aux questions suivantes :

  • que fait-on concrètement dans ce métier ? quelles sont les différentes missions ?
  • à quoi ressemble une journée ou une semaine type de ce métier ?
  • avec qui et pour qui travaille-t-on ?
  • dans quelles conditions de travail ?
  • quelles sont les diplômes et les qualifications à avoir ?
  • quelles sont les compétences à développer ?
  • quels sont les débouchés dans ce métier ?

Si vous ne savez pas répondre à ces questions sur le métier ou le type de poste qui vous qui vous intéresse, attention, il vous faut certainement compléter vos recherches…

3 – Faire des choix

Progressivement, vos recherches vont vous amener à faire des choix. A l’issue d’une première phase d’exploration, il vous en faudra peut-être une seconde pendant laquelle vous compléterez encore vos informations et affinerez le choix de métiers ou d’orientation qui commence à se dessiner.

Puis vient le temps des rencontres… On appelle cette phase « l’enquête métier » dans un bilan de compétences. Il s’agit d’une phase où vous allez prendre contact avec des personnes qui exercent le métier ou les métiers qui restent sur votre liste resserrée. Ces rencontres vont vous permettre de donner corps aux informations que vous avez déjà récoltées. Si vous avez la possibilité de ce type d’entretien, profitez-en pour questionner un maximum les personnes sur leur propre parcours, ce qui les a motivées dans ce métier, ce qu’elles y aiment le plus et le moins, les compétences attendues, comment le métier évolue… Une question intéressante est de leur demander de vous décrire une journée ou une semaine type, cela rend le métier beaucoup plus concret. Il y a une part de subjectivité bien sûr dans ce qu’elles vous exprimeront, mais ces rencontres aident souvent ceux qui ont besoin de perceptions concrètes pour fonder leurs décisions. Ces rencontres ne sont pas indispensables pour tout le monde, mais pensez-y si vous sentez que vous tournez en rond dans vos recherches d’information.

4 – Construire les chemins et établir le plan d’action

Lorsque vous avez enfin identifié votre projet, que ce soit une évolution professionnelle, une reconversion, ou simplement un changement de poste, il vous faut construire le chemin pour aller vers ce projet, la passerelle entre votre situation actuelle et votre situation future.

S’il s’agit d’une évolution ou d’une reconversion, peut-être avez-vous besoin de vous former, pour acquérir de nouvelles compétences Lors de vos recherches, vous aurez travaillé à l’écart entre vos compétences actuelles et celles nécessaires pour votre projet. Et dans ce cas une formation peut être utile, voire indispensable. Prenez bien le temps pour choisir une formation, comparez les offres, vérifier les cursus qui sont vraiment utiles et pertinents. Parfois on imagine qu’il faut repartir à la conquête d’un master là où finalement votre parcours, bien valorisé, suffit à évoluer vers d’autres fonctions…

Le chemin peut aussi plus simplement nécessiter de refaire votre CV, votre profil LinkedIn, prendre des contacts pour faire un peu de réseautage… Pour ceux qui se destinent à un projet entrepreneurial, il va falloir préparer ce nouveau projet, identifier peut-être des personnes qui vous accompagneront dans cette nouvelle aventure, commencer à travailler la transition.

Il ne faut pas hésiter à écrire les prochaines étapes et établir un planning ou a minima des jalons. Cela vous permettra de vérifier que vous n’oubliez pas des étapes importantes. Cela motive, même inconsciemment, de se se mettre des dates limites.

Les freins au changement sont divers et viennent nous chercher à plusieurs niveaux : des questions pratiques que l’on avait omises, des ressentis complexes à gérer seul(e), de la procrastination…

Déjà, j’ai envie de dire que tout cela est bon signe, cela veut dire que vous avancez et que cela travaille un peu. Il va falloir par contre : ajuster si certaines questions n’avaient pas été suffisamment approfondies (le projet doit être réévalué dans son temps de réalisation par exemple, ou il faut prévoir des étapes supplémentaires) et prendre le temps, sur des sujets qui relèvent plutôt de vos ressentis, de comprendre en quoi cela vient vous tirailler, quel besoin cela vient exprimer sur lequel vous vous étiez peu penché auparavant… En ce qui me concerne, je sais que mes besoins de sécurité sont importants : cela ne veut pas dire que je ne peux pas avancer dans le changement, cela veut juste dire que je dois étudier comment je me sécurise et comment aussi je fais évoluer certains curseurs qui deviennent trop bloquants.

Quand c’est terminé, ça ne fait que commencer… Aller vers de nouvelles expériences professionnelles impliquent de rester ouvert, flexible et confiant en l’avenir. Peut-être l’expérience suivante ne conviendra pas complètement, alors il faudra encore changer et évoluer à nouveau. Pour d’autres, il y a aura des phases de doute, ou encore tout ira vite et bien mais cela peut donner un peu le vertige. Quand on change, on s’ajuste intérieurement et notre environnement s’ajuste aussi. De nouveaux équilibres doivent être trouvés. Ce qui compte, c’est de se nourrir de chaque expérience, toujours rester connecté à ses besoins et rester confiant dans sa capacité au changement.

Mélanie Grangé – Itinéa

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